Introduction au routage IP

Ce qui fait aujourd’hui qu’on arrive à transmettre des paquets de données d’un réseau A vers un réseau B c’est ce qu’on appelle le routage IP.

Le routage s’appuie sur des protocoles pour mener à bien sa mission. Mais concrètement le routage IP, ça fonctionne comment ?

Et bien c’est ce qu’on va voir grâce à ce 1er article qui va mettre l’accent sur le routage statique… bb

Initiation au routage IP et mise en place du routage statique

Histoire de bien commencer cet article, avant de parler de routage, on va parler de… routeur (Oui parce que moi j’aime pas faire les choses dans l’ordre !  )

Pour donner une définition générale de ce qu’est un routeur on pourrait dire que c’est un équipement intelligent de réseau (équivalent à un ordinateur) dédié à l’envoi de paquets à travers un réseau de données.

Le rôle d’un routeur est d’interconnecter les réseaux entre eux en sélectionnant le meilleur chemin, la meilleure route à suivre, pour qu’un paquet arrive à sa destination finale.

C’est un peu comme une intersection routière avec des panneaux signalétiques qui indiquent le chemin vers plusieurs directions !

Et pour que les routeurs puissent faire correctement leur travail, à savoir donc transférer des paquets d’un réseau à un autre, il faut leur indiquer une méthode pour connaître les chemins vers des destinations diverses, méthode qu’ils vont consigner dans ce qu’on appelle leur « table de routage ». La table de routage est un peu la base de données du routeur contenant les chemins vers différents réseaux.

Et c’est là qu’intervient le routage IP ! On parle d’un mécanisme grâce auquel le meilleur chemin sera sélectionné pour acheminer des données qu’on appelle techniquement à ce niveau des « paquets » ou des « datagrammes ».

Les datagrammes sont en réalités des données « encapsulées », c’est-à-dire auxquelles ont été ajoutées des « entêtes IP » contenants entre autres des informations permettant d’assurer le routage.

Un entête IP fait 20 octets, soit 160 bits (1 octet = 8 bits). Il est représenté graphiquement dans un tableau comprenant 5 lignes de 32 bits chacune (ce qui nous donne 5 lignes x 32 bits = 160 bits / 8 bits = 20 octets, le compte est bon !).

Voici l’illustration la plus célèbre d’un entête IP représenté avec tous ses champs (hors options) :

Dans notre contexte, les champs qui vont nous intéresser seront les suivants :

  • Durée de vie : aussi appelé le Time To Live (TTL) qui permet de définir le nombre maximal de routeur que le paquet pourra traverser avant d’être abandonné. Ce champ comprend un nombre qui sera décrémenté à chaque fois que le paquet passera par un routeur.
  • Adresse IP source : permettant de connaître l’adresse IP de l’émetteur du paquet pour éventuellement lui envoyer une réponse.
  • Adresse IP destination : permettant de connaître l’adresse IP du destinataire (et par conséquent son réseau) afin de lui transmettre le paquet.

Avec ces informations, voyons concrètement ce qu’il se passe quand un paquet arrive sur un routeur :

  1. Le routeur va lire l’entête IP du paquet pour identifier sa destination
  2. Le routeur va vérifier dans sa table de routage si il a une indication sur le chemin à suivre pour aller sur le réseau de destination.
  3. Le routeur peut alors ensuite :
    1. Transférer le paquet directement au destinataire si il se trouve dans le même réseau que lui
    2. Transférer le paquet à un autre routeur sachant comment arriver au destinataire
    3. Transférer le paquet à un autre routeur défini comme étant le routeur par défaut auquel effectué les transferts quand aucun chemin précis n’est indiqué
    4. Abandonner le paquet si il n’a aucune indication précise

Et parce qu’il n’y a rien de plus parlant qu’une bonne démo, je vous propose de réaliser la mise en pratique du routage statique (c’est-à-dire manuel) sur une infrastructure très simple.

Débuter par le routage statique est la meilleure solution pour bien visualiser la façon dont le routage s’articule.

Voici le schéma de mon infrastructure :

Comme vous le voyez, on a un total de 6 réseaux différents que voici :

Nous avons trois réseaux comprenant chacun un PC et 3 réseaux de routeurs car, oui, entre 2 routeurs, c’est un réseau également (si tous les équipements ont des adresses IP dans le même réseau, le routage devient inutile puisque nous n’avons plus besoin de changer de réseau, ce qui est justement, l’intérêt du routage…).

Le but ici sera que les PCs qui sont sur des réseaux différents puissent communiquer entre eux (par de simple tests de ping). Il faudra donc indiquer aux routeurs les chemins sur lesquels ils devront envoyer les paquets de données pour arriver à bonne destination !

Plus clairement, il faudra leur indiquer la route à suivre pour aller d’un point A, vers un point B.